ETUDE DES FEMMES DE LA BIBLE
Etude N°5 : La Sunamite
Référence Biblique : 2 rois 4, 8 – 37.
INTRODUCTION
La Sunamite. Encore une héroïne sans nom ! Il m’a plu d’intituler cette étude « La Foi au féminin pluriel », juste pour montrer que cette Sunamite peut être, n’importe qui parmi nous…
Cette fois ci, il s’agit d’une femme distinguée, riche qui a tout pour être heureuse, mais qui n’a pas d’enfant. Son histoire est narrée, juste après celle de la veuve surendettée ! Comme pour dire que DIEU s’intéresse à nous quel que soit notre rang social…
Je nous propose de faire cette étude en appliquant la méthode OIA : Observation, Interprétation, Application.
- Observation du texte
Questions :
- Où se déroule l’histoire ?
- De qui, de quoi parle le passage ?
Le passage nous situe dans la ville de Sunem, au pied du mont Tabor, « entouré des meilleurs champs de blé au monde ». Sunem se trouve à peu près à mi-chemin entre la Samarie et la côte, à 10 Kms environ de Nazareth, et un peu plus de la ville de Naïn. Cette localité est gérée par la tribu d’Issacar dont la Parole de DIEU témoigne qu’« elle avait l’intelligence des temps pour savoir ce que devait faire Israël. » (Cf. 1 Chroniques 12 : 32)
Les principaux personnages sont : Elisée et son serviteur Guéhazi ; la Sunamite, son époux, leur fils et leurs serviteurs.
Il y avait dans la ville de Sunem, une femme anonyme, distinguée, présentée dans toute l’histoire comme la Sunamite. L’histoire raconte qu’il y avait une école de prophètes à Sunem et sûrement qu’Elisée allait enseigner dans cette école. Aussi la Sunamite, qui « habite au milieu de son peuple » (Verset 13) força le prophète Elisée à venir manger chez elle. Après avoir accueilli plusieurs fois Elisée pour le dîner ou le souper, un jour, elle dit à son mari : « voici, je suis certaine que celui qui vient toujours chez nous est un saint homme de Dieu ». Après avoir fait part de sa certitude à son mari, elle lui dit encore :« Je t’en prie, faisons une petite chambre haute avec des murs, mettons-y pour lui un lit, une table, un siège et un chandelier, afin qu’il s’y retire quand il viendra chez nous ». Pour la remercier de son hospitalité, Elisée demande à la Sunamite, ce qu’il peut faire pour elle. Mais elle ne voulut rien avoir en retour. C’est une femme désintéressée, prête à donner sans compter. Malgré cela, Elisée lui annonce qu’elle aura un fils, suite à la remarque de Guéhazi qui informe Elisée que cette femme n’a pas d’enfants alors que son époux est vieux.
La prophétie de Elisée, s’est accomplie, la Sunamite eut effectivement un fils au temps indiqué. Ce dernier grandit et un jour, étant allé rendre visite à son père au champ, cet enfant eut un malaise. Le Papa le renvoya vers sa mère, mais l’enfant mourut sur les genoux de cette dernière. Alors la Sunamite coucha l’enfant dans la chambre réservée au prophète, puis alla demander à son mari de lui permettre d’aller rapidement rendre visite au prophète Elisée. Quand son mari l’interroge, elle lui répond : « Tout va bien ! » Le mari la laissa alors partir sans insister.
Arrivée auprès de Elisée, la Sunamite lui rappelle qu’elle n’avait rien demandé et surtout qu’elle l’avait supplié de ne pas la tromper. Ensuite, elle a fermement indiqué au prophète, qu’elle ne bougerait pas de là sans lui. Elisée qui avait dans un premier temps, envoyé son serviteur Guéhazi poser son bâton sur l’enfant pour le guérir, dû suivre la Sunamite auprès de son fils. Après avoir prié DIEU, Elisée se coucha plusieurs fois sur l’enfant qui alors revient à la vie ! Ainsi tout est bien qui finit bien. Car comme l’a dit la Sunamite « Tout va bien ! ». L’histoire se termine ainsi au verset 37 « Elle (La Sunamite) alla se jeter à ses (mis pour Elisée) pieds, et se prosterna contre terre. Et elle prit son fils, et sortit. »
- Interprétations
Questions :
- Quelles sont les qualités de la Sunamite qui nous interpellent ?
- Y a-t-il d’autres passages de la Bible qui nous aident à comprendre ce passage ?
Nous pouvons noter entre autres que :
- La Sunamite s’informe de ce qui se passe dans la société, dans son entourage, non dans un objectif de commérages mais pour agir !
- C’est une femme qui a le discernement (ce don permet d’éviter les pièges de l’ennemi – elle ne fera pas n’importe quoi.)
- C’est une femme qui sait prendre des initiatives et qui anticipe.
- Elle est respectueuse et soumise. Même si elle prend elle-même la décision, elle soumet néanmoins le projet à son mari (elle n’en fait pas à sa tête). Elle lui formule la demande en utilisant le terme « je t’en prie », avec amour, avec douceur, avec respect et soumission à son mari.
- Elle connaît son mari et sait comment lui présenter les situations et son mari a confiance en elle ; Le mari peut donc permettre qu’un autre homme arrive dans sa maison, mieux un inconnu, un passant…
- C’est une femme qui exerce une hospitalité prévenante et persévérante.
- Elle n’a pas choisi la facilité! Elle s’est investie personnellement et cela lui a coûté du temps, de l’énergie, et de l’argent. Elle était riche, elle aurait pu payer l’hôtel au prophète Elisée.
- Cette femme trouve son plaisir à faire le bien, non pour une éventuelle récompense, mais parce que cela lui procure du plaisir. Tel fait des largesses et est dans l’abondance. » (Proverbes 11.24)
- Elle se reconnaît comme servante. (Cf. v. 16) C’est une servante sans nom dont l’ego se fond dans le service pour autrui. Cette discrétion qui fuit la publicité et la popularité mérite de retenir notre attention.
- Elle est dans le registre de la satisfaction et du contentement. Le contentement dans la simplicité de vie. (Cf. Attitude de l’apôtre Paul, Philippiens 4 : 11-13)
- Elle n’a pas douté mais a été prudente à l’écoute de la prophétie de Elisée (V. 16). Oui comme nous l’a enseigné le Seigneur JESUS, nous devons être prudents comme les serpents et simples comme les colombes. Mathieu 10 : 16
- Son manque, laissé latent, comme en suspension à l’arrière-plan de sa marche, est dépendant de la volonté de Dieu. Quelle belle leçon ! Ne pas être handicapé par la souffrance de ses manques, mais continuer son chemin dans la confiance en se positionnant positivement au milieu des siens et des autres.
- Sa joie de servir est plus forte que sa souffrance cachée.
- Cette femme n’a rien forcé, rien provoqué, elle a laissé Dieu regarder son désir et elle a accepté sa volonté.
- Elle n’a pas admis la mort de son fils comme une réalité irréversible. Bien entendu, elle avait réalisé que cet enfant fut un don de Dieu et que sa mort n’était pas la volonté de Dieu. Par conséquent, elle n’a pas accepté que la mort de son fils était une réalité qui ne pouvait pas changer.
- Elle est discrète et déterminée. On a l’impression que tout se passe sans bruit… Pourtant, on imagine aisément le séisme intérieur, son bouillonnement de questions, l’éruption de sa douleur…
- Elle reste perspicace, et ne laisse aucune place à l’indécision ou au doute. C’est une femme dynamique. Observons que cette mère ne s’épuise ni en pleurs, ni se disperse en lamentations,
Il faut pouvoir prononcer ce « tout va bien » quand tout va mal à l’intérieur, quand la déception est à son comble, quand la douleur de l’absence d’un enfant est ravivée, quand tout le rêve en un instant devient cauchemar…
- Elle fait confiance en l’avenir envers et contre tout. La démarche de la foi consiste à aller au-delà du visible, de l’apparent, de l’incontournable.
- Elle espère contre toute espérance.
- Oui ! Cette femme, cette mère est exceptionnelle. Non seulement parce qu’elle est déterminée et cohérente, mais aussi parce qu’elle va jusqu’au bout de son choix. Ne m’arrête pas en route sans que je te le dise » v. 24. Notre seigneur JESUS CHRIST ne nous a-t-il pas enseigné : « Le royaume des cieux est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent » ? Matthieu 11 :12. Oui, il nous faut être clair, déterminé et persévérant dans nos choix !
- Elle fait preuve d’une foi audacieuse. Elle déclare à l’homme de Dieu : « N’ai-je pas dit ne me trompe pas ?» 28. Il n’est donc pas question pour elle de repartir avec un bâton (Cf. v. 29) « Je ne te quitterai pas » dit-elle…
- Elle pensa plus loin que ses circonstances. Quel changement : au lieu de « je ne peux pas avoir d’enfant », elle dit maintenant : « je ne peux pas perdre un enfant » ! 21,24-25a.
- …
- Applications
Questions :
- Qu’est-ce que le passage m’enseigne sur DIEU ?
- Quelle découverte y trouve-t-on pour « le féminin pluriel » ?
- Pour ma prière, y a-t-il quelque chose que DIEU me montre :
- Dont j’ai à me repentir ?
- Auquel croire et obéir ?
- Pour lequel Le remercier et Le louer ?
- Pour lequel lui formuler ma demande ?
Comme Ephésiens 3:20 parle au sujet de Dieu en disant «À CELUI QUI PEUT FAIRE, PAR LA PUISSANCE QUI AGIT EN NOUS, INFINIMENT AU-DELA DE TOUT CE QUE NOUS DEMANDONS OU PENSONS.», nous voyons au travers de cette histoire que DIEU, qui est bien plus grand que le diable (I Jean 4:4) peut nous guérir de n’importe quelle maladie. Comme nous le dit Psaumes 103, 3.
- Notre DIEU est un Dieu de délivrance et il n’y a aucune limite à Sa puissance de délivrance. Il peut aller aussi loin que de remplir les vases vides d’huile ou de ramener à la vie un enfant mort afin de délivrer Son peuple.
- DIEU connaît nos désirs secrets.
- 11 :29 « Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel. » Dieu ne change pas d’avis ! Si le Seigneur vous a donné une promesse, ne laissez pas le diable vous la voler !
- DIEU est un bon Dieu. Il ne vous abandonne pas. Il tient Sa Parole.
Que le témoignage de cette Sunamite soit pour nous un encouragement à oser bien vivre.
Abandonnons nos lourdeurs du passé, et tournons-nous vers l’avenir avec confiance. Comme cette femme, tendons à la cohérence et à la constance.
Voici une femme qui voudrait croire, mais qui ne l’ose pas.
- Vous voudriez donner votre vie à Jésus, mais vous n’osez pas, de peur de ce que d’autres en diront, ou parce que vous craigniez que vous ne réussissiez pas à tenir;
- Vous avez espéré être guérie, délivrée, ou à la direction divine, la conversion d’un parent, l’exaucement de vos prières, le comblement d’un besoin, … mais vous êtes toujours resté déçu. Vous voudriez vraiment croire tout ce qui est écrit dans la Bible, tout ce qui est prêché, mais vous ne l’osez plus.
- Vous n’osez plus demander que l’on prie pour vous, de peur que vous soyez déçu de nouveau, que cela ne marche pas pour vous.
Voici une bonne nouvelle : Marc 9 :23 « Tout est possible à celui qui croit. » ; et
Phil.4:13 « Je puis tout par celui qui me fortifie. » !
Un échec ou un contretemps peut être permis par le Seigneur afin d’éprouver notre foi. Dans ce cas-là nous ne devons pas y résister, mais demander au Seigneur la grâce et la puissance pour persévérer. Mais quand nous nous rendons compte que le Seigneur n’a rien à faire avec l’épreuve, mais qu’au contraire, nous avons à faire avec le diable, alors ne l’acceptons pas. Et si nous ne nous sentons pas assez forts pour lutter tout seul, alors nous demandons de l’aide – comme la Sunamite.
Ceux qui font confiance au Seigneur et qui Le cherchent ne seront jamais confus, quel que soit leur problème.
CONCLUSION
Le fondamental à retenir de l’histoire de la Sunamite est ceci : La foi au féminin veut tout simplement dire : Tout Va Bien.
De même que l’histoire de cette Sunamite a été bouleversée par la rencontre avec l’homme de Dieu, de même notre vie peut prendre une orientation nouvelle dans une authentique et personnelle rencontre avec Dieu, dans la foi et l’espérance.
Dépouillons nos trajectoires de vie de tous nos encombrants, pour nous recentrer sur une qualité d’être, en toute simplicité. Comme cette femme, prenons des initiatives en faveur du bien d’autrui, et sachons apprécier ce que la vie nous a donné. A trop vouloir, on finit par ne plus rien posséder… Recentrons-nous sur nos besoins essentiels. C’est en pratiquant le bien, que nous nous nous faisons le plus de bien. Cultivons aussi la vertu du contentement si nécessaire à la paix intérieure. En aucune manière, elle ne s’apparente à de la résignation, encore moins à un positionnement mesquin et étriqué. Le contentement est la satisfaction parvenue à sa maturité. Il est l’antidote de tous désirs insatisfaits, ceux-là mêmes qui nous rongent et pourrissent notre existence.
QUE DIEU NOUS BENISSE ET NOUS GARDE !
REFERENCES
- LA BIBLE. VERSION LOUIS SEGOND 1910
- com/la-sunamite/
- jba.gr/French/II-Rois-4-Élisée-la-veuve-et-la-femme-Sunamite.htm
- https://www.chretiens-en-marche.org/paroles-en-chemin/les-femmes-et-les-hommes-de-foi/la-sunamite/
- https://www.bible-ouverte.ch/messages/series-etudes-bibliques/78-serie-detudes-elisee/709-elisee-et-la-sunamite.html
- waddle-chretien.over-blog.com/article-la-foi-de-la-sunamite
- https://topmessages.topchretien.com/texte/la-sunamite-et-son-fils/